Tigane de Guy Gavriel Kay

Trop occupé par ses luttes intestines, la Palme, péninsule divisée en plusieurs provinces, ne résiste pas aux deux puissances venues l’envahir. À l’ouest surgi Brandin d’Ygrath et à l’est Albérico de Barbadior. Seule une unique province  offrira une réelle défense :  Tigane. Et elle résistera tellement bien qu’elle tuera le fils d’un des envahisseurs. Brandin d’Ygrath, fou de rage, punira cette province en détruisant sa culture et en la soumettant à un joug terrible. Le récit démarre 15 ans plus tard, avec Devin di Asoli jeune chanteur de talent. Mû par sa curiosité, il va surprendre une réunion de conspirateur, et apprendre après quelques péripéties sa véritable origine : celle d’un natif de Tigane. Il est donc de ceux qui peuvent entendre ce nom et le retenir. Parce qu’en effet, Brandin d’Ygrath, sorcier exceptionnel, a décidé d’effacer le nom même de Tigane pour punir la mort de son fils. En apprenant cela, Devin se joindra à un groupe d’homme et de femme décidé à renverser les deux tyrans.

Sur cette idée très originale de destruction et d’annihilation d’une culture, Guy Gavriel Kay construit un roman d’aventure très réussi. En effet, le lecteur suivra essentiellement deux personnages : Devin donc, qui décide de mener un combat souterrain contre les deux tyrans, et Dianora, membre du saishan du roi d’Ygrath, tiraillé entre son origine et son amour. Au milieu d’eux on découvre nombre de personnages réussis et attachants. On peut tout de même regretter que les personnages des deux tyrans ne soient pas assez fouillés. En effet, si Brandin d’Ygrath nous est présenté au départ comme un tyran, un monstre, notre découverte du personnage contredira cette description. Il paraît être un roi bon, aimant ses sujets, amateur d’art, etc. On comprend certes l’idée que le roi ait été fou de rage à la mort de son fils, mais 15 ans plus tard, une inflexion comme celle présentée ne colle pas vraiment avec le personnage. De son côté Albérico de Barbadior souffre d’une exagération de son caractère tyrannique. Il est l’archétype du despote : sans pitié, paranoïaque, mégalomane, etc. L’opposition entre Brandin, roi sympathique bien qu’inflexible, et Albérico, tyran sans cœur, paraît du coup un peu artificiel.

Mais ce petit défaut ne réduit en rien la valeur du texte, puisque le lecteur est plongé dès le départ dans l’intrigue et a du mal à en sortir. Guy Gavriel Kay nous livre ici une intrigue fouillée qui réussie pourtant à ne pas être difficile à appréhender. Le lecteur assiste à des complots, trahisons, actions de guérilla. Les personnages font tout pour que la liberté soit retrouvée dans la péninsule. Le lecteur est donc entraîné par ces actions et suit de bon cœur les aventures des héros. Si on ajoute à cela, une écriture parfaitement maîtrisée, un rythme soutenu et une utilisation à point nommé de très bon cliffhanger, on comprend très vite pourquoi on a du mal à reposer le livre quand il le faudrait.

Ainsi, Tigane se défini comme un livre de fantasy très réussi et original où la magie y sert plus de métaphore à la destruction d’une culture que de véritable enjeux du roman. Une ode à la liberté dans un texte maitrisé, tant dans son écriture que dans son rythme, de bout en bout. Un très très bon moment de lecture.

Fiche technique :

Auteur : Guy Gavriel Kay

Titre : Tigane

Éditeur : L’Atalante

Collection : Bibliothèque de l’évasion

ISBN : 2-84172-071-3

(plus d’info ici)

Gaëtan

CITRIQ

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