Archives d’un auteur

Léon et Louise d’Alex Capus

« Assis à l’intérieur de Notre Dame, nous attentions le prêtre […]Et tout a coup, loin derrière nous, une petite porte s’ouvrit prés du grand porche avec un léger grincement. […] Une petite silhouette grise avec un lumineux foulard rouge se glissa dans la nef. […] Relevant sa voilette au-dessus de son chapeau, elle se pencha en avant, écarta les bras, les posa au bord du cercueil, appliqua un baiser sur le front de mon grand père et posa la joue sur sa tête cireuse comme si elle voulait y reposer un moment.

Après quoi elle se détacha du défunt et repris sa position, [souriant malicieusement en direction de l’assistance, elle actionna une vieille sonnette de vélo, puis, elle] se mit en mouvement et, passant devant la famille, elle marcha à petits pas rapides et claquants sur l’allée centrale en direction de la sortie. »

En panne de lecture c’est un peu par hasard que j’ai pioché ce livre dans ma Pal. Tout à la fois tendre, touchant et cocasse ce fût un vrai petit plaisir de lecture

Léon et Louise se sont connus en 1917, dans un petite village de Normandie. Mais alors que leur idylle venait juste de commencer, le sort les sépare. Et dans une région ravagée par la guerre, chacun croit à la mort de l’autre. Alors quand 10 ans plus tard ils se retrouvent par un complet hasard dans les rues de Paris, chacun a refait sa vie, et pourtant, le souvenir de cet amour perdu a toujours continué à vivre dans leur cœur.

C’est avec beaucoup de tendresse, et une certaine pudeur, que l’auteur nous entraine à la découverte de la vie de son grand père.  Voulant retracer une part de la vie de son aïeul, Alex Capus a façonné un roman empli de douceur, retraçant, ou parfois réinventant les souvenirs de Léon pour reconstituer cet amour perdu avec celle qui fut l’amour d’une vie.

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Millénium Tome 1 – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson

Dehors, le soleil brille, le ciel est lumineux, pas un nuage ne se montre à l’horizon. Un verre à la main, allongée sur ma terrasse, je savoure les vacances, l’été qui s’annonce chaud. Mais dans ce décors paisible, sous ce soleil éclatant, c’est  dans un paradoxe complet que je décide de me lancer dans la lecture d’un polars suédois. Alors certes, le ressentit extérieur n’est pas tout a fait le bon, mais c’est sans compter sur le talent de Stieg Larsson l’auteur de Les Homme qui n’aimait pas les femmes, le premier tome de la trilogie Millénium.

Mikael Blomkvist, célèbre journaliste du quotidien très engagé Millénium, sort perdant d’un procès pour diffamation. Se rendant compte, à l’évidence, qu’il a été manipulé, il décide pendant quelques temps de prendre un peu ses distances. C’est alors qu’il est contacté par Henrik Vanger pour une bien étrange requête. Prétextant pouvoir lui donner les réponses qu’il souhaite sur l’affaire qu’il vient de perdre , le vieil homme lui demander d’enquêter sur la disparition et surement le meurtre de sa petite fille, Harriet, survenu il y a quarante ans.

Intrigué, Mikael Blomkvist décide alors de partir vivre à Hedebyön, la petite île appartenant à la famille Vanger,  théâtre de cette tragédie où toutes les manigances et les haines familiales semblent avoir survécus à quarante ans de mystères.

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Petit pays de Gaël Faye

Il y a l’enfance, sa douceur, son innocence. Ces grandes histoires que l’on s’invente au bord d’un ruisseau ou au cœur de sa cachette. Et puis il y a l’adulte qui sommeille en nous, qui un jour se réveille, qui nous enferme dans son étreinte pour nous obliger à entrevoir le reste du monde.

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Comment vous parler de Petit Pays sans vous évoquer Maêlle qui a été subjuguée par ce roman et qui me l’a vivement conseillé (et prêté). Vous pourrez retrouver son article ici. C’est maintenant à mon tour de parler de cette histoire qui m’a véritablement charmée.

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Fille de Bohème de Vania Prates

Il y a des romans qui raisonnent en nous avec une vibration particulière. De ces romans qui nous ressemblent et qui finissent par s’immiscer en nous comme s’ils appartenaient à nos souvenirs.

Des romans qui nous touche tout simplement.

Ce fut le cas pour moi de Fille de Bohème de Vania Prates. J’ai gagné ce titre grâce au tirage au sort de @VendrediLecture avec la participation des éditions Charleston. Et je les remercie pour cette très belle découverte.

Alors qu’elle fêtait l’enterrement de vie de jeune fille de sa meilleure amie dans un appartement chic de Paris, Mélissandre provoque une hypnotiseuse venue s’offrir en spectacle pour l’occasion.

« – Sceptique signifierait que je demande à être convaincue, alors que non, je ne pense pas que l’hypnose fonctionne aussi bien que vous le dites. […]

– Vous ne croyez que ce que vous voyez, alors acceptez un pari ! Je vais tenter de vous hypnotiser. […] Vous êtes partante? »

Quelques jours après Mélissandre se met à rêver d’Éveline : jeune voleuse qui a vécu au sein de la cours des miracles au cœur du XVIIe Siècle.  Et alors que ça vie semblait toute tracée : appartement luxueux, fiancé « idéal » et boulot très bien payé,  Mélissandre se met peu à peu à remettre en cause toute son existence pour suivre les traces de celle qu’elle fût, dans une vie antérieure.

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La tresse de Lætitia Colombani

« Tresse : n.f. Assemblage de trois mèches, de trois brins entrelacés »

Trois mèches pour trois vies. Trois destins entrecroisés. Trois femmes. Trois combats.

Il y a d’abord Smita, cette indienne, intouchable. Une dalit qui chaque jour doit nettoyer les excréments, à la main, de ceux qui sont mieux naît qu’elle. Elle exècre ce métier humiliant que sa mère et sa grand mère ont fait avant elle. Mais si elle n’a pas pu échapper à son destin, elle rêve que sa fille, Lalita, n’ai jamais à mettre les mains dans la merde. Elle rêve que sa fille apprenne à lire et à écrire. Et si le gouvernement leur en a donné le droit, la société reste ancrée dans ses traditions millénaires, où les intouchables restent des sous hommes.

Giulia, est une jeune Sicilienne de 20 ans. Elle a quitté l’école à 16 ans pour travailler dans l’entreprise familiale, l’atelier qui fait la fierté de la famille Lanfredi depuis trois générations. Mais voila, sa vie est bouleversée le jour où son père a un accident avec sa vespa. Et alors que toute sa vie semble s’effondrer, Giulia rencontre Kamal, un jeune indien, sikh. Deux cultures, deux religions que tout oppose. Mais elle puisera sa force en lui pour tenter de sauver l’entreprise familiale.

Et puis il y a Sarah, canadienne, brillante avocate et associée du très réputé cabinet Johnson & Lockwood. Elle est ce que les magazines appellent une working-girl, it-girl ou wonder woman. Malgré ses trois enfants, elle mène une vie professionnelle au plus haut niveau, sacrifiant tout pour briller au cœur de ce monde d’hommes. Mais alors que tout semblait lui réussir et qu’un brillant avenir semblait être tout tracé, Sarah fait un malaise en pleine audience. Quelques jours plus tard, le verdict tombe, Sarah est gravement malade.

Alors, chacune à sa façon, va se relever. Avec sa force et son caractère, chacune devra livrer un combat pour échapper à un carcan dans laquelle on voudrait l’enfermer.

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La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben

En ouvrant les pages de ce livre, je me suis évadée au cœur d’une forêt. En automne, évidemment ! C’est là que la forêt est la plus belle. Éclatante de milles couleurs.

Alors je me suis assise au pied d’un vieux chêne, endormie contre son tronc rugueux. J’ai sentie la vie palpiter en lui, j’ai cherché à entendre son cœur, celui qui le rendait vivant. Et dans le rythme lent propre à ces arbres majestueux, dans le froissement des pages que l’on tourne, j’ai sentie la forêt prendre vie.

J’ai entendu le langage des arbres, et j’ai écouté l’histoire qu’ils avaient à me raconter…

Dans cet essai, devenu un best seller, Peter Wohlleben, garde forestier allemand, nous plonge au cœur de la vie secrète des arbres. S’appuyant sur ses propres observations et les théories scientifiques étayées par plusieurs grandes études, l’auteur nous livre une part de son savoir sur le mode de vie de ces grands feuillus. Et si, ceux ci font partis de notre quotidien, l’on découvre que leur mode de vie est encore très largement méconnus par le monde scientifique. Pour autant, le forestier a souhaité réunir dans un ouvrage, à la portée de tous, l’état actuelle des recherches sur le sujet. Et c’est donc avec une vulgarisation voulue et une pointe d’anthropomorphisme assumée, que Peter Wohlleben nous évoque avec simplicité toute l’organisation sociétale des forêts ancestrales – non gérées par l’homme. Lire la suite

Le Fou et l’assassin – Tome 2 : La fille de l’Assassin de Robin Hobb

Attention Spoile : cet article parle du tome 2 de la série Le fou et l’assassin. Il dévoile des éléments importants de l’intrigue de la série l’Assassin Royal ainsi que du tome 1 du Fou et l’Assassin !

Pour voir l’article sur le Tome 1 : Le fou et l’assassin de Robin – c’est ici

 

Un vent d’automne souffle sur Flétribois.  Molly n’est plus, et avec elle s’en est allée toute la douceur d’une vie paisible. Elle est partie, laissant derrière elle un mari aimant et une petite fille éperdue. Et dans ce deuil qui les accable, tout reste à reconstruire.

Fitz et Abeille se retrouvent désormais seuls. Et si Molly était tout pour eux deux, le sort d’Abeille est d’autant plus attristant. Elle qui ne vivait qu’à travers sa mère doit désormais compter sur son père pour assurer son éducation. Mais depuis les premiers jours leur relation est marquée d’une distance douloureuse. Alors peu à peu, ils doivent construire ensemble une forme de cohabitation. S’habituer l’un à l’autre et accepter que plus rien ne sera jamais comme avant. Et malgré cette distance qui demeure entre eux, il y a ce quelque chose… Ce sentiment d’appartenance qui les lie et qui doucement s’épanouit. Doucement. Comme si chacun cherchait à s’apprivoiser Lire la suite

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