Le manifeste de Dystopia : Anthologie 01

Anthologie 01. Voici le premier recueil made in Dystopia, qui montre ce qu’est Dystopia. Cette toute petite maison d’édition parisienne (une association de trois amis en fait) s’est spécialisée dans les textes hors-genre, ou transgenre, ou qu’importe. Les textes qui leur plaisent à eux en faisant totalement fi des étiquettes. Des textes de qualités qui ont une âme. Des textes qui viennent d’auteurs, de personnes et c’est pour cela que Dystopia aime tant les suivre et continuer à travailler avec eux. Dystopia c’est comme une petite écurie de pur-sang.

Et donc ce fameux Anthologie 01, c’est un peu l’art-book de ces équidés. Une présentation des auteurs suivis par la maison mais aussi des auteurs aimés par la maison. C’est un condensé des goûts des éditeurs. Un manifeste de la ligne éditorial.

anthologi01 - dystopia

Et comme votre serviteur est un inconditionnel de cette fameuse ligne, force est d’avoué que ce recueil l’a tout à fait satisfait.

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Les Soldats de la mer – Yves et Ada Rémy

Encore des nouvelles de Dystopia, avec cette fois un retour sur la réédition des Soldats de la mer. Édité la première fois en 1968, et réédité à plusieurs reprises depuis, jusqu’à ce que ces acharnés de Dystopia reprennent le flambeau pour rendre ce petit bijou disponible.

soldatsdelamer - yves ada remy - dystopia

Parce que de bijou, il s’agit encore une fois. Lire la suite

La fuite en avant avec John Gardner…

Professeur de philosophie, alcoolique, dépressif, galant, faible, poursuivi par le fisc, amoureux d’une de ses collègues, ancien haltérophile voici quelques éléments pour décrire Peter Mickelsson. Divorcé de sa femme, séparé de ses enfants, s’ennuyant dans ses cours, il est en train de traverser une mauvaise passe. Toute sa vie part à vau-l’eau et rien ne va plus. Décidant de se reprendre en main, ou à fuir ses problèmes, le professeur décide d’acheter une vieille maison dans les montagnes. Maison qui, il le découvrira plus tard, est réputée hantée. Et de mystérieux événements s’y passent en effet.

la-symphonie-des-spectres-john gardner - denoel

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Retour à Yirminadingrad…

Yirminadingrad existe toujours… Ça aurait pu être le titre de ce recueil (si les auteurs étaient « simples »). Voici tout le propos du livre : 21 nouvelles (les compères habituels auxquels s’ajoute le très bon Laurent Kloetzer ont encore joué avec les chiffres apparemment) racontant l’histoire après Yirminadingrad.

Troisième recueil se passant dans l’univers de Yirminadingrad (après Yama Loka Terminus et Bara Yogoï), et comme le deuxième les auteurs ont décidés d’innover. De ne pas se contenter de rajouter des récits pour explorer une nouvelle partie de la ville. Non la cartographie ne les intéresse pas vraiment. Tadjélé c’est Yirminadingrad sans Yirminadingrad.Tadjélé - henry, mucchielli, perger, kloetzer

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Zones sensibles de Céline Bardet – une plongée dans la reconstruction d’un pays en ruine

Une petite gnomette (mais grande lectrice) ayant très bien parlé de ce livre dans son domaine, j’ai été intrigué à mon tour… De mes bancs de la fac de droit, j’ai gardé de très bon souvenirs et interrogations quant au droit international. A mon sens le droit le plus politique qui existe. Or la politique, ça m’amuse (on a les plaisirs qu’on veut). Bref, du coup, j’ai souhaité jeter moi aussi un œil à Zones sensibles, et à ce récit d’une juriste de terrain dans son travail de reconstruction de l’Etat dans les Balkans, au Kosovo puis en Bosnie-Herzégovine.

Zones sensibles

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Un voyage dans la méditérannée du VIIIe de l’Hégire

Après les très bonnes éditions de Bara Yogoï (chroniqué par ici), Ainsi naissent les fantômes (de même) et l’apocalypse des homards (lu, trouvé excellent mais que le manque de chronique ne vous empêche pas de vous jeter dessus !), voici Le Prophète et le vizir d’Yves et Ada Remy produit par ce trio parisien totalement fou.

Alors pour ce livre, ce couple septuagénaire « signe son grand retour ». Ou en tout cas, c’est comme ça que les éditeurs l’ont présenté et quand on regarde les dates de publication (chez nooSFere par ex) on ne peut qu’avoir un mouvement de recul entre la publication de La Maison du Cygne en 1978 et ce présent livre (sorti en juin 2012). Un grand retour on vous dit… Mais bon, quand comme moi, on ne connaissait même pas leur existence il y a un an, l’importance du retour est quand même à relativiser.

Bref, après ce préambule, passons aux choses sérieuses. Ce fameux bouquin donc. Fix-up de deux nouvelles ou roman à double facette, ce livre nous conte tout d’abord l’histoire de Kemal bin Taïmour, le prophète énoncé dans le titre (dans la nouvelle l’Ensemeur). Simple pêcheur de perles, il est enlevé par l’émir Nour al-Din Malek dans le but que ses dons pour repérer ce précieux coquillage puissent servir à deviner l’avenir. Et hop, contrairement à la flopée d’hommes difformes que l’émir avait déjà précédemment enlevés, celui-ci est bien capable de lire l’avenir ! Mais un avenir qui a plusieurs siècles… autant dire, sans aucun intérêt pour l’émir. Alors notre cher Kemal, simple pêcheur de perles, est relâché dans la nature, alors pour seules possibilités de parcourir le monde ou crever de faim. Le départ semble une meilleure solution. Bref, on va dorénavant suivre les pérégrinations de ce prophète inutile, de bateau en bateau, de ville en ville, de caravane en caravane, il va parcourir la moitié du monde connu en cette époque du VIIIe siècle de l’Hegire. Lire la suite

Lolita de Nabokov ou comment réussir à rendre poétique un sujet si sulfureux

Singulier roman que voici. Ecrit en langue anglaise par un auteur Russe, refusé par plusieurs éditeurs américains à cause de son sujet, édité à Paris parmi d’autres œuvres « sulfureuse », interdit ici et en Angleterre, le « Lolita de Nabokov » est de ces romans qui prouve leur valeur par le simple fait qu’il soit reconnu.

Comment ça, allez-vous me dire ? Tout simplement du fait que ce « Lolita » traite, sans la dénoncer franchement, de pédophilie et dans une certaine mesure d’inceste, sujets tabous s’il en est, tout en étant encore aujourd’hui reconnu comme un « grand livre ». Avouons-le, les milieux littéraires « reconnus » aimant le licencieux-mais-pas-trop, ne sont pas a priori gourmand de ce genre de sujet hautement glissant. Comment donc Lolita, près de 60 ans après sa première publication se trouve toujours dans les listes de lecture en études supérieurs, en librairie et un peu partout ?

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Black Hole par Charles Burns

Petite ville des Etats-Unis. Milieu des années 70. Changement de paradigme culturel. Ce moment où il « n’était plus vraiment cool d’être un hippy, mais Bowie était encore juste un peu trop bizarre » (dixit la couverture). Voici donc une petite troupe de lycéen un peu paumé, fumant un joint entre deux cours, se cherchant des amitiés et des nouvelles expérience (le sexe entre autre bien sur).

Bref des ados comme les autres. Oui sauf que voilà, le « bug » (virus en français) rôde. Maladie sexuellement transmissible opérant de monstrueuse et irrémédiable changement sur le corps (excroissance, boutons, etc.), cette maladie exclue les malades et les obligent a quitter la société des hommes. Ils se réfugient ainsi au milieu des bois où personnes ne semblent s’occuper d’eux.

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Bio d’un irréductible, Richard M. Stallman

Le 5 octobre 2011 le grand Steve Jobs mourrait. Adulé par la foule, on parlait partout de la perte d’une grand figure de l’informatique, d’un révolutionnaire, d’un visionnaire… pour évoquer celui qui a simplement fait vendre – mieux que beaucoup d’autres c’est sûr – des produits somme toute assez simples. Peu d’innovations techniques, des logiciels fermés, une politique commerciale extrêmement agressive appuyé par un merchandising des plus efficaces. Bref, « le monde entier » rendait hommage à un vendeur, en le faisant passer pour un informaticien. Au même moment ou à peu près, hasard du destin, Dennis MacAlistair Ritchie, mourrait lui aussi.

Who’s he ? Personne ne le connaît, personne n’en a entendu parler, et pourtant il était lui un grand informaticien, un révolutionnaire, un visionnaire et tout autre qualificatif collé à Jobs. Ritchie a été l’un des concepteurs du système Unix (système d’exploitation dont sont dérivés les GNU/Linux,… et les OSMac), et l’inventeur du langage C (un des plus populaires et efficaces du monde de l’informatique). Bref, un scientifique extrêmement doué, qui a, par son travail, réellement modifié l’informatique… oui mais tout le monde s’en fout parce que son image n’est pas vendeur.

Serait-ce aussi la destinée de Richard M. Stallman, lorsque celui-ci disparaîtra ? La nouvelle de sa mort ne sera-t-elle qu’annoncée sur les réseaux dédiés à l’informatique, blogs et sites spécialisés ?

Il est d’autant plus aisé de faire le rapprochement entre la différence de visibilité des deux décédés avec celle de Richard Stallman que celui-ci est pire qu’un informaticien. C’est un informaticien politisé.

Créateur de la fabuleuse (osons les mots !) licence GPL, il lutte depuis longtemps contre les logiciels privateurs (noms utilisé par lui pour désigné les logiciels propriétaire – non-libre), avec en premier lieu le tout puissant Microsoft, mais aussi son pendant user friendly qu’est Mac et son personnificateur Steve Jobs.

Grande figure du mouvement libre, Richard Stallman en est même l’initiateur puisqu’il est l’un des premiers à avoir lutté et créé les outils afin de lutter contre la toute puissance des vendeurs de logiciels.

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Retour sous Ubuntu 11.10 : Installation, déboire et configuration de Gnome-Shell

Après plusieurs mois passé sous Windows, le manque d’un OS né d’un accouplement entre un gnou et un manchot commençait à être trop prononcé. J’ai donc décidé de me réinstaller un petit Ubuntu, distribution classique mais que je connais.
Alors que certains quittent Ubuntu et GNU/Linux pour Windows (choix que je trouve dommage mais que je respecte) à cause de l’évolution de Gnome-Shell (passage d’un bureau orienté tâche, vers un bureau orienté application, comme l’expliquent très bien la page de Linux Mint : « vous naviguez d’application à application, pas de fenêtre à fenêtre »), je suis moi, revenu du côté obscur de l’informatique grâce à l’envie de revenir vers un OS que je « dirige » (mes capacités en informatique étant ce qu’elles sont, je dirige ce que je peux), et surtout grâce à Gnome-Shell.
En effet, cette nouvelle interface dû à l’évolution de Gnome 2 vers Gnome 3, change le rapport entre l’ordinateur et son utilisateur. Comme dit plus haut, l’interface graphique n’est plus tâche-centré mais application-centré. Et cela me va très bien !
Déjà parce que j’y étais habitué ayant utilisé pendant plus d’un an, Unity (enfin plutôt son ancêtre, Ubuntu Netbook Remix) sur mon netbook, mais aussi parce que cela correspond tout à fait à mon envie actuel d’interaction avec mon PC. Étant donné que je me sert de mon ordinateur essentiellement pour aller sur le net, écrire du texte, voir des films et écouter de la musique, présenter mon bureau selon des applications (Firefox, LibreOffice, VLC, etc.) et non plus des tâches, correspond à mon utilisation.
Ajouter à cela la présentation du bureau sous Gnome-Shell, épuré et presque vide (ah enfin un bureau sans un seul raccourci!), avec des couleurs net et brillante, j’ai été totalement convaincu par le résultat.
Après pour mettre mon grain de sel dans un débat sans fin, et sans réelle portée, je comprends tout à fait les critiques envers Unity, envers Gnome-Shell et envers les deux à la fois. Cependant je reste convaincu que ces interfaces sont l’avenir de l’informatique. Certes, certains voudront rester sur des interface tourné vers un véritable destock (et vu les propos de Linus Torvalds, il sera l’un des premiers de ceux-là : « Les développeurs ont apparemment décidé qu’il est en fait trop compliqué de travailler pour de bon sur le bureau et ont décidé de rendre cela vraiment fastidieux à faire. […] C’est une merde de dingue. […] J’ai demandé à d’autres développeurs ce qu’ils pensaient de gnome 3, ils pensent tous que c’est débile »), mais vu les habitudes que prend le grand public avec ses téléphones portables, ses tablettes, ses liseuses, ses GPS, etc tous les matériels informatiques moderne sont déjà tournées vers des interfaces « applications-centrées ». Pour moi, Gnome-Shell (plus qu’Unity d’ailleurs) offre une interface adéquate entre l’évolution de l’utilisation du matériel informatique et les capacités/configuration des PC modernes (et surtout la taille des écrans – avouez que l’interface d’application des téléphones portables seraient assez laids sur un écran de 22 pouces).

Bref, j’ai été conquis par Gnome-Shell, mais reste maintenant à le configurer. Puisque comme beaucoup d’outils sous GNU/Linux, ils sont libres, donc configurables, donc configuré par des informaticiens motivés. Reste plus qu’à moi, simple utilisateur, de récupérer leur travail jusqu’à ce que j’obtienne ce que je souhaite.
Je vais donc vous décrire ici les étapes que j’ai suivi pour installer Gnome-Shell sur une distribution Ubuntu 11.10 proposant l’interface Unity par défaut sur mon PC de bureau comportant deux écrans (ça a son importance pour la suite).

C’est parti :

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