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L’ange de Marchmont Hall de Lucinda Riley

9782368121801Trente ans ont passé depuis que Greta a quitté Marchmont Hall, une magnifique demeure nichée dans les collines du Monmouthshire. Lorsqu’elle y retourne pour Noël, sur l’invitation de son vieil ami David Marchmont, elle n’a aucun souvenir de la maison le résultat de l’accident tragique qui a effacé de sa mémoire plus de vingt ans de sa vie.

Mais durant une promenade dans le parc enneigé, elle trébuche sur une tombe. L’inscription érodée lui indique qu’un petit garçon est enterré là. Cette découverte bouleversante allume une lumière dans les souvenirs de Greta, et va entraîner des réminiscences.

Avec l’aide de David, elle commence à reconstruire non seulement sa propre histoire, mais aussi celle de sa fille, Cheska…

 

Mon avis

J’ai plusieurs livres de Lucinda Riley dans ma PAL (pile à lire) mais c’est la première fois que je lis un de ses ouvrages. Et j’ai beaucoup apprécie son style.

Les sujets abordés ne sont pas forcément faciles mais j’ai eu l’impression de lire un livre tout en douceur. Je ne sais pas d’où me vient cette sensation mais si je devais trouver un mot pour qualifier le style d’écriture, ce serait la douceur.

Greta est une femme d’un certain age qui a oublié toute une partie de sa vie suite à un accident. En revenant sur les lieux qui ont marqué sa vie, les souvenirs vont peu à peu revenir. Et comme tout le monde, les souvenirs ne sont pas tous heureux. Une seule constance dans cette vie, David, son cher ami qui aura traversé ces nombreuses années avec elle, éternel soutien et ami.

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Games of Throne – L’intégrale 5 du Trône de fer de G.R.R. Martin

L’hiver est arrivé. Sur Westeros, la neige s’est mise à tomber apportant avec elle le froid mordant de l’hiver. Mais malgré la tempête les hommes du Nord veillent.

Au mur Jon Snow est devenu le lord commandant. Il lui faut apprendre à gérer ses troupes, réunir les hommes pour affronter les Autres. Il faudra convaincre ses corbeaux que les ennemis ne sont peut être pas les sauvageons après qui ils se battent depuis tant d’années. D’autres forces sont en mouvement, d’autres ténèbres. Mais aussi d’autres dieux ; celui du roi Stannis et de Lady Trone-de-Fer-Tome-13-Le-Bucher-du-RoiMélisandre. Ce dieu de la lumière que la dame invoque dans ces feux pour y découvrir la vérité. Cette femme à la fois mystérieuse et dérangeante dont on ignore les desseins. Le roi Stannis quand à lui semble avoir pris ses quartiers dans les tours qui longent le mur cherchant à rallier le plus d’hommes à sa cause pour reconquérir le nord désormais sous l’emprise de Lord Bolton et de son bâtard de fils. Ramsay Snow. Sans cœur ni pitié. Un être cruel, sadique et pervers. Le bâtard se plaît à torturer encore et encore l’homme qui n’en n’est plus tout à fait un, Théon Greyjoys devenu Schlingue. Celui-ci a perdu toute volonté, toute fierté. Il n’est plus qu’une larve, Lire la suite

Un petit voyage à Yirminadingrad !

Pas toujours très malin, j’avais acheté cet été Bara Yogoï, du trio Henry / Mucchielli / Perger sans avoir lu Yama Loka Terminus (surtout pour soutenir la toute nouvelle association Dystopia). Après une lecture distraite dans un (et entre deux) train(s), j’avais compris qu’il me manquait quelques éléments pour tout comprendre, et surtout que cette lecture demandait un peu plus d’effort que ce que j’avais fourni. En effet, si ces textes sont autant de points de vue d’un même lieu, la différence de ton et l’exigence littéraire de Bara Yogoï rendent à mon sens obligatoire la lecture du précédent recueil. Fort de cette considération, j’avais donc acheté Yama Loka Terminus qui attendait jusqu’à récemment dans ma PAL… Lire la suite

Le Jour des Barbares ; ou le récit d’une bataille qui a changé le cours de l’histoire

Attention, interro surprise !

La date de la chute de Rome ?

Alors ?

Bon, je vous aide, c’est avant le VI° siècle…

Toujours pas ?

Mais si, je suis sûr que vous déjà trouvé.

Oui, il s’agit bien du 4 septembre 476, date à laquelle Romulus Augustule fut contraint à abdiquer par Odoacre (dixit Wikipédia).

Oui, mais non.

En réalité, l’Empire romain n’est pas tombé du jour au lendemain. Non, il n’y a pas eu de bouleversement total. La civilisation n’a pas écrasé par les barbares… Contrairement à ce que nos cours d’histoire de primaire et de collège nous apprennent l’Empire romain, « Rome n’est pas tombé en un jour ».  Nos méthodes d’apprentissage de l’histoire nous donnent toujours une idée fausse de la réalité. Les historiens sont friands des dates butoir, des dates choc qui n’ont aucune importance réelle mais qui leur permettent de classer et de séparer les choses, les  époques. En réalité, il y a peu de date qui bouleverse véritablement les choses, peu de moment où on peut dire « ça vient de changer ». Certes dorénavant une guerre se termine par un armistice, par une signature de paix (et encore, se finissait…) donc on peut savoir la date, voire l’heure exacte, de la fin d’une guerre… Oui mais une guerre n’est pas une époque. Une époque, c’est un changement de mentalité, de perspectives, d’envies. La Chute de Rome n’a donc pas eu lieu en 476. Le terme plus juste serait de dire que l’empire a glissé vers sa fin, notion qui permet de voir que cela prend forcément du temps.

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Nous Autres d’Eugène Zamiatine ; un précurseur des dystopies anti-totalitaires

Tout le monde connaît 1984, le livre de George Orwell, l’emblème des dystopies (ou contre-utopies) antitotalitaire. Mais ce que l’on sait moins, c’est que ce cher George (de son vrai nom Eric Arthur… mais c’est une autre histoire) s’est beaucoup inspiré d’une œuvre parue longtemps avant : Nous Autres de Eugène Zamiatine. Ce russe proche des mouvements révolutionnaires d’avant-guerre (la première guerre mondiale bien sûr) quittera le parti en 1917 (à son heure de gloire donc) à cause de sa dérive totalitaire (malheureusement oui, les rêves de tout un peuple furent vite brisés). Sept ans plus tard parait donc ce livre, clairement critique envers un régime qui souhaite régenter et contrôler au maximum la vie des citoyens.

Zamiatine y imagine l’histoire d’un constructeur de vaisseau, nommé D-503, qui écrit dans des petites notes (2 à3 pages en moyenne) sa journée pour que ses futurs lecteurs connaissent la belle et heureuse vie qu’il mène sous le régime du Bienfaiteur. Malheureusement pour ce brave homme, tout va déraper lorsqu’il rencontre I-330, une  femme mystérieuse qui le charme au point qu’il se mette à douter du bien fondée du régime… (non, mais quelle idée ?)

Comme l’on remarqué les lecteurs attentifs, on retrouve nettement ici l’intrigue général qu’utilisera vingt ans plus tard George Orwell pour son chef-d’œuvre : le narrateur décrit son univers et le fonctionnement du régime, commence à douter grâce à l’amour qui lui ouvre les yeux puis se retrouve à trahir la cause et revenir dans le « droit chemin ».

Oui, car dans les deux cas, les auteurs imagine un État froid, omnipotent et omniprésent qui gagne. C’est peut-être là, outre les descriptions d’une dictature qui fonctionne, qu’ils sont le plus efficace : ici pas de happy end, pas d’espoir. Si les hommes laissent faire leurs dirigeants, s’ils tombent dans le piège de l’abrutissement, de l’asservissement et du contrôle total alors ils ne pourront plus s’échapper. L’Etat a la force et la propagande avec lui, dès lors il est imbattable. Zamiatine, comme Orwell, ne semble pas croire à l’homme providentiel (… des restes de marxisme ?). Dans les deux cas, les auteurs s’en prennent clairement aux dictatures soviétiques (la seule existante à l’époque de Nous Autres de toute façon). Ils sont des déçus de l’espoir né d’une révolution (russe pour Zamiatine, espagnol pour Orwell) et tous deux rejettent férocement l’idée que le communisme puisse rimer avec contrôle étatique totale. Leurs romans sont des fictions mais elles mettent en avant leurs peurs, leurs déceptions et leurs volontés de montrer au monde les dangers d’un pouvoir omnipotent. Outre cette intrigue qui semble assez pompé, les personnages et les symboles qu’imagine Zamiatine se retrouve aussi chez Orwell. L’image du Bienfaiteur semble assez similaire au Big Brother de l’écrivain anglais. L’inspiration de ce dernier est donc sûrement venue d’un mélange entre le récit de son homologue russe et Staline.

Depuis tout à l’heure, je parle d’une inspiration, voire, osons le mot d’un plagiat, de la part de Orwell. Or s’il y a quelque chose que je ne supporte pas en matière d’analyse (critique/chronique/appelez-ça comme vous voulez) c’est que l’auteur du texte s’estime assez important pour dire ce qu’était l’intention de l’auteur… Donc pourquoi m’octrois-je ce droit que je refuse à d’autre ? Eh bien simplement parce que comme nous l’apprend Jorge Semprun dans sa préface, George Orwell connaissait ce livre. Il le connaissait et l’admirait tellement qu’il en a fait une critique dans l’hebdomadaire Tribunes en 1946 (qu’il avait lu dans sa traduction française !), soit trois avant la parution de 1984. Il parle surtout d’un rapprochement avec un autre classique du genre : Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley mais son œuvre à lui n’est pas loin non plus. Quand on connait ce fait, il est impossible de ne pas voir, au moins, une forte inspiration. Cependant l’écrivain anglais apportera sa part de nouveauté dans un texte encore plus dur, plus froid et plus réaliste. De plus, c’est bien à Orwell que nous devons, à mon sens, l’une des idées (l’idée ?) la plus fabuleuse de SF : la novlangue… Démontrer et jouer avec l’idée que nos pensées et nos réflexions sont avant tout limiter par notre langue et la construction de celle-ci, c’est tout simplement grandiose (c’est simple quand on le sait mais la portée cela peut avoir fait froid dans le dos. LISEZ ORWELL SI VOUS NE LE SAVEZ PAS !).

Pour en revenir à l’œuvre de Zamiatine proprement dite, ce court texte (à peine 200 pages) est vraiment d’une lecture très simple, pas du tout rébarbative et surtout encore actuel. Alors que certains livres de SF des années 1950-1960 sont illisibles aujourd’hui du fait de leur âge, Nous Autres en a le double et se laisse lire tout seul. Vraiment une réussite de ce côté-là. Les descriptions qu’il avance sont assez clair (d’ailleurs l’imagerie de Metropolis lui va très bien) et l’intrigue se déroule toute seule. Et si on le compare avec les deux autres chefs-d’œuvre de dystopie, je trouve qu’il est moins daté que Le Meilleur des Mondes et plus facile à lire que 1984. Peut-être moins abouti que ceux-ci mais on ne peut pas non plus créer un chef-d’œuvre absolu ex nihilo.

Bref, voici un livre que je conseille. Une contre-utopie aboutie et un livre critique qui inspira sûrement d’autre russes (je pense forcément aux frères Strougatski et à leur livre Il est difficile d’être un Dieu).

A noter que Serge Lehman et Fabrice Colin ont repris le nom de Nous Autres pour désigner les « super-héros » soviétiques dans la très bonne BD La Brigade Chimérique (dessiné par Gess et colorisé par Céline Bessonneau)

Fiche technique :

Nous Autres ; Eugène Zamiatine ; Editeur : Gallimard ; Coll : L’imaginaire ; ISBN : 978-2-07-028648-5 ; prix : 8,50€

(plus d’infos sur nooSFere)

Voir aussi : Stalker d’Arkadi & Boris Strougatski

Gaëtan

CITRIQ

Les Magiciens de Lev Grossman ; un Harry Potter pour adulte

Frère jumeau d’Austin Grossman, Lev présente chez l’Atalante un livre à la fois référentiel et intéressant. Il pastiche en bonifiant plusieurs classiques (ou amenés à l’être) de la fantasy.

Quentin est un jeu homme surdoué. Intelligent, travailleur, passionné par les études, il a devant lui un avenir certain grâce à son entrée dans des universités aussi sélectives qu’Harvard. Mais il reste aussi un adolescent mal dans sa peau. Considéré comme l’éternel « copain », il demeure le faire-valoir de garçons plus brillants et surtout plus sûrs d’eux. Tout bascule le jour où il réussit un entretien des plus étranges dans un lieu tout aussi inhabituel : l’école de magie de Brakebills. La révélation a lieu pour Quentin : la magie existe, donc la vie ne peut être aussi triste qu’il lui paraissait. Après ses études, il deviendra un vrai magicien et le monde s’ouvrira à lui dans ce qu’il a de plus beau !

Le Fleuve des Dieux de Ian McDonald

Nous voici en 2047 dans une Inde éclatée. Pour présenter son univers (très dense), Ian McDonald se sert de neuf personnages. Neuf destins pour neuf individus sans lien apparent. Procédé assez classique, dont l’auteur use tout de même avec génie pour constituer une intrigue qui les réunit parfaitement tout en multipliant les points de vue afin d’agrandir les perspectives. Il dévoile ainsi un questionnement très intéressant sur des sujets aussi vastes que la problématique de l’eau dans un futur proche, l’intelligence artificielle, la rencontre avec un autre, la modification physique des individus… et de nombreux autres thèmes qui ne seront pas abordés ici pour ne pas déflorer toute surprise.
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