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Enfants de la Terre et du Ciel de Guy Gavriel Kay

L’on disait autrefois « faire voile vers Sarance« . Cela signifiait « que l’on changeait d’existence, qu’on embarquait vers quelque chose de nouveau, que l’on se transformait telle une figure dans une peinture ou une mosaïque classique en devenant quelqu’un d’autre. »

Mais voila, Sarance n’est plus. Ses murs sont tombés aux mains des Asharites. Il ne reste rien de l’empire glorieux de Valérius II. Les empires se font et se défont sous le glorieux soleil de Jad ou sous les étoiles d’Ashar. Il ne reste désormais que des souvenirs de la Cité perdue et les Osmanlis qui menacent les jaddites ou nom d’Ashar.

Alors, sur terre comme sous les dômes des temples de Jad, tout ce qui avait fait la gloire de Sarance s’effrite. Ne reste que les morceaux de souvenirs, piétinés comme le furent les morceaux de mosaïques tombés.

« Rien à distinguer dans le dôme,  pas dans cette obscurité,  quoi qui pût s’y trouver, façonné il y avait très longtemps, avec ces pierres et ces morceaux de verre qui dégringolaient dans l’espace et le temps. »

Pourtant, des années après la mort de Valérius II,après que Crispin eu terminé son œuvre, nous reprenons la route vers ce que fut Sarance.

Missionné par le Conseil des Douze de la petite république de Séressa, Péro Villani, jeune peintre peu connu, a accepté de réaliser le portrait du Grand Calife à Asharia. Il devra donc se rendre au cœur de l’empire ennemi et pénétrer dans les appartements de Gurçu le Ravageur. Il sait pourtant que personne n’y est admis et que le seul fait d’y ouvrir la bouche pourrait lui valoir la mort. Léonora Valéri a reçu elle aussi une proposition alléchante de la part de la République : enfermée dans un couvent par son père en raison d’une grossesse « inadéquate », elle recouvrera sa liberté si elle espionne la petite Cité de Dubrava. Quant à Marin Djivo, issu d’une riche famille marchande de Dubrava, il a reçu le mandat d’escorter le peintre et Léonora.

Or, le vaisseau qui les amène de l’autre côté de la mer Séressinienne est abordé par un groupe de raiders senjan au sein duquel se trouve Danica Gradek, dont le destin se liera à celui du trio après la mort du médecin qui servait de couverture à Léonora.

Ils sont quatre, et aucun d’eux ne sait encore que leur quête personnelle changera à jamais le futur de tous les enfants de la Terre et du Ciel…

Aprés nous avoir plongé dans la chine Antique, Guy Gavriel Kay nous ramène sur les terres d’Europe, au cœurs du monde méditerranéen du XVe et XVIe siècle. Habitué des romans de fantasy historique, et maitre en la matière, l’auteur nous livre une part de l’histoire du monde à cette époque troublées où chrétiens et Ottomans se disputaient la domination de ce que fut l’empire Byzantin. Et c’est notamment à travers l’histoire des Uscoques, peuple chrétiens et pirates croates basé à Senj (après avoir fuit l’avancé des Turcs), que Guy Gavriel Kay a voulu nous amener dans son monde. C’est donc en reprenant à son compte le conflit ouvert qui existait entre les uscoques et la Petite république de Venise que GGK ouvre son roman. On y retrouve par ailleurs la position très particulière de cette république où le commerce dépasse les conflits de religions ; ou encore l’histoire de Dubrovnik, à travers son reflet de fantasy : Dubrava. Et comme chaque fois des personnages réels renaissent sous la plume de l’auteur, ainsi, il me semble que Gurcu le ravageur n’est autre que  Mehmet II, ou encore que Péro Villani avait existé sous les traits de Gentile Bellini.

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L’assassin Royal – Tome 7 et 8 – de Robin Hobb

C’est au cœur de la forêt, au bord d’une rivière que j’ai retrouvé ce vieil ami. Il vivait là, seul. Seul ou presque, son loup ne l’avait pas quitté, et il avait adopté un enfant qui aujourd’hui était devenu un jeune homme. Il avait enfin la vie qu’il avait toujours voulu. Personne ne décidait désormais de son destin. Personne ou presque, car le destin nous rattrape toujours. Surtout lorsqu’il s’agit de FitzChevalerie Loinvoyant. Le bâtard royal. L’assassin de sa majesté.

Après plusieurs années déjà, je me suis replongée dans la formidable épopée de L’assassin Royal (tome 1 à 6). Le temps a passé et pourtant chaque souvenir m’est revenu peu à peu. J’ai savouré avec délices le retour dans ce monde qui m’avait autrefois happé. J’y ai retrouvé ses personnages que j’avais tant aimés, cet univers : Castelcerf et ses intrigues, et je me suis laissée transporter par la plume de Robin Hobb.

L-assassin-royal-tome-7Quinze ans après le tome 6 nous retrouvons Fitz au cœur de cette forêt, réfugié dans une chaumière abandonnée. Rebaptisé Tom Blaireau, il voit ressurgir dans sa vie ceux qu’il croyait oubliés. Umbre. Le Fou. Chacun ramène avec lui de vieux souvenirs, de vieilles blessures. Avec son âme de conteuse, Robin Hobb nous replonge dans les derniers pages du premier cycle de l’assassin Royal. Elle nous rappelle ce que fut la vie de cet enfant, bâtard du prince Chevalerie, auprès de son oncle Vérité. Mais aussi, et surtout, le sacrifice de cet oncle devenu roi, dans la Cité des anciens. Elle nous entraine dans les souvenirs les plus sombres de Fitz : la perte des êtres qu’il avait aimés, l’accession au trône du prince Royal, sa propre mort. Et puis, peu à peu, au coin d’un feu, Fitz évoque ce que fut sa vie après tout cela. Il nous conte ses périples qui le menèrent jusqu’à cette vieille chaumière qui devint son refuge. Au fils des pages, avec une douceur qui caractérise les phrasés de Robin Hobb, chaque élément se met en place pour finir par nous ramener au cœur de la cité de Castelcerf. Lire la suite

Les lunes de sang d’Anaïs Cros

Dans le monde de la littérature Sherlock Holmes est devenu une figure emblématique. Mille fois réinventé, mille fois réadapté, il a traversé les époques, traversé les continents. Chacun y apportant sa touche personnelle, sa propre vision du personnage. Et dans cet univers où tout est possible, il ne pouvait que franchir les barrières de la fantasy pour se réinventer dans un monde peuplé d’Elfes et de Nains. C’est ce qu’Anais Cros à fait dans son roman Les Lunes de Sang.

cvt_Les-Lunes-de-sang_3561En fan du monde de Sherlock Holmes, l’auteur  à voulu rendre hommage au célèbre détective. Si, lors des premières pages j’ai crains que ce ne soit qu’un remake fade et sans grand intérêt, Anais Cros a su se détacher des romans d’Arthur Conan Doyle pour faire son propre récit. Pour notre plus grand bonheur, les caractères des personnages sont bien ceux de Sherlock Holmes et de John Watson, mais Listak et Ervrhal ont leur propre histoire et leur propre destinée. Lire la suite

La chanson d’Arbonne de Guy Gavriel Kay

Au rythme des pages, je me suis évadée, dans un autre lieu, dans un autre temps. J’ai entendu les poèmes des ménestrels, les chants des troubadours. J’ai senti la chaleur de l’Arbonne, l’odeur des agrumes, le parfum de la Provence. J’ai suivi les sentiers que pages après pages Guy Gavriel Kay m’a conté, et je me suis laissée transporter par cette douce mélodie de La Chanson d’Arbonne

la chanson d'arbonne

Il y a en Arbonne les règles de l’amour courtois qui régissent un royaume désormais gouverné par une femme. On y célèbre leur beauté et l’amour qu’on leur porte. Et ces chants nourrissent l’admiration, l’espoir, mais aussi la haine lorsque Bertran de Talair décria son amour pour Aélis de Barbentain, mariée au duc Urté de Miraval. Lire la suite

Morwenna de Jo Walton

morwenna-jo-waltonIl y a dans chaque livre une forme de magie qui nous amène à découvrir un monde, à vivre une autre vie. Il y a une forme de refuge dans chacun d’eux, où nous rencontrons de nouveaux personnages qui tantôt nous émeuvent, tantôt nous agacent mais jamais ne nous laissent indifférents.

C’est cette amour de la littérature et particulièrement de la sciences fiction-fantasy que Jo Walton nous transmets à travers son roman Morwenna.

Elle nous conte l’histoire de cette jeune adolescente qui a perdu sa sœur jumelle, Morgana, dans un accident de voiture, et qui l’a laisse handicapée. Habituée à ses  collines du Pays de Galles, elle doit fuir la maison de sa mère. Elle est recueillie par son père, Daniel, et ses trois demi-sœurs, dans une Angleterre qu’elle ne connaît pas, dans un pensionnat que ses tantes ont choisis pour elle. Différente, solitaire, l’enfant vit dans ses livres, se créant un monde où les lieux prennent les noms d’univers de fantasy et ou les fées façonnent son quotidien. Loin de sa sœur, sa moitié, elle devra réapprendre à vivre, et se réfugiera dans le seul endroit où elle se sent vraiment bien, les livres. Tolkien, Zelazny, Le Guin, Delany, ils sont nombreux, ces classiques de la littérature imaginaire, à être cités par l’auteur.

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Games of Throne – L’intégrale 5 du Trône de fer de G.R.R. Martin

L’hiver est arrivé. Sur Westeros, la neige s’est mise à tomber apportant avec elle le froid mordant de l’hiver. Mais malgré la tempête les hommes du Nord veillent.

Au mur Jon Snow est devenu le lord commandant. Il lui faut apprendre à gérer ses troupes, réunir les hommes pour affronter les Autres. Il faudra convaincre ses corbeaux que les ennemis ne sont peut être pas les sauvageons après qui ils se battent depuis tant d’années. D’autres forces sont en mouvement, d’autres ténèbres. Mais aussi d’autres dieux ; celui du roi Stannis et de Lady Trone-de-Fer-Tome-13-Le-Bucher-du-RoiMélisandre. Ce dieu de la lumière que la dame invoque dans ces feux pour y découvrir la vérité. Cette femme à la fois mystérieuse et dérangeante dont on ignore les desseins. Le roi Stannis quand à lui semble avoir pris ses quartiers dans les tours qui longent le mur cherchant à rallier le plus d’hommes à sa cause pour reconquérir le nord désormais sous l’emprise de Lord Bolton et de son bâtard de fils. Ramsay Snow. Sans cœur ni pitié. Un être cruel, sadique et pervers. Le bâtard se plaît à torturer encore et encore l’homme qui n’en n’est plus tout à fait un, Théon Greyjoys devenu Schlingue. Celui-ci a perdu toute volonté, toute fierté. Il n’est plus qu’une larve, Lire la suite

Perdido Street Station de China Miéville

China Miéville : grand, crâne rasé et musculature de boxeur. Bref, le gars que l’on verrait mieux au sein d’une horde de hooligans gueulant dans un stade que comme un thésard écrivant des romans de science-fiction « littéraire ». Et pourtant… China Miéville a obtenu une thèse en 2004 (sujet : le marxisme et plus précisément : Between Equal Rights: A Marxist Theory of International Law), est auteur d’une petite dizaine de romans et a reçu une flopée de prix pour tout ça. Si on peut même plus se fier aux apparences ma bonne dame…

Premier roman traduit en français du bonhomme, Perdido Street Station est un bon gros pavé foisonnant. Ca raconte l’histoire d’Isaac Dan der Grimnebulin, scientifique rejeté par ses pairs et bon vivant ; du Garuda (aigle humanoïde) Yagharek qui a perdu ses ailes en punition d’un crime ; de la Khépri (insecte à corps humain, ou humain à tête d’insecte comme vous préférez) Lin, artiste et amante secrète d’Isaac ;  de la journaliste séditieuse Derkhan ; et d’une flopée de personnages secondaires comme le mafieux Madras ; le maire corrompu Buseroux ; ou encore l’étrange araignée géante bien-nommée Fileuse. Lire la suite

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