Les lunes de sang d’Anaïs Cros

Dans le monde de la littérature Sherlock Holmes est devenu une figure emblématique. Mille fois réinventé, mille fois réadapté, il a traversé les époques, traversé les continents. Chacun y apportant sa touche personnelle, sa propre vision du personnage. Et dans cet univers où tout est possible, il ne pouvait que franchir les barrières de la fantasy pour se réinventer dans un monde peuplé d’Elfes et de Nains. C’est ce qu’Anais Cros à fait dans son roman Les Lunes de Sang.

cvt_Les-Lunes-de-sang_3561En fan du monde de Sherlock Holmes, l’auteur  à voulu rendre hommage au célèbre détective. Si, lors des premières pages j’ai crains que ce ne soit qu’un remake fade et sans grand intérêt, Anais Cros a su se détacher des romans d’Arthur Conan Doyle pour faire son propre récit. Pour notre plus grand bonheur, les caractères des personnages sont bien ceux de Sherlock Holmes et de John Watson, mais Listak et Ervrhal ont leur propre histoire et leur propre destinée.

Au service de sa majesté, Listak, créature mélangeant elfe, humain et lunaire, est devenu son homme de confiance. Dans l’ombre du roi, il use de ses formidables capacités pour protéger celui à qui il a juré fidélité et loyauté.  Ainsi, lorsque le gouteur royal se suicide de façon assez mystérieuse, Listak est poussé à enquêter sur les trames d’une conspiration visant le roi de Mortelune. J’ai trouvée le charisme de Listak digne de celui de Bénédict Cumberbacht dans la série de la BBC. On s’y attache, on l’admire et on se fie à lui avec une confiance aveugle. L’homme irréprochable capable de toutes les prouesses, et pourtant, Anaïs Cros a su le doter d’une sensibilité presque enfantine.

Evrhal, quant à lui, est un nain rescapé de la guerre des Vingt lunes opposant  les Cités Indépendantes à l’alliance entre Roseraie et le royaume de Mortelune. Mais si chaque guerre laisse des cicatrices, celles d’Evrhal sont encore profondément ancrées. Réfugié dans la capitale Lunargent, il cherche à se venger en visant directement Torn, le roi de Mortelune. Devenu le colocataire de Listak et son fidèle associé, nous suivons Evrahl s’enfoncer dans ce complot d’assassinat, bouleversé entre des sentiments contradictoires.

Finalement plus que l’histoire de ce Sherlock Holmes, c’est celle de son inséparable ami que nous suivons. Dans un roman écrit à la première personne, Evrhal nous livre ses pensées, ses réflexions, ses états d’âme. La querelle interne qui le saisie : choisir entre sa vengeance et son amitié, mais aussi toutes les conséquences de ses actes sur le Royaume de Mortelune. Et Anaïs Cros réussit le tour de force de nous tenir en haleine jusqu’au bout de son roman !

Au delà de cette  tentative d’assassinat, Anais Cros a créé tout un monde où les conflits entre races font rage. Loin de n’être qu’une excuse, le monde fantastique prend alors tout son sens. Chaque espèce à ses propres codes, ses propres coutumes, se confrontant les uns aux autres. Dans ces cohabitations à couteau tiré, les nains font office de bouc-émissaires. Dénigrés, moqués, persécutés, il n’y aura plus qu’un pas avant de basculer dans un nouveau conflit.

Autour de ces deux personnages principaux, nous retrouvons de multiples personnages déjà présents dans les livres du célèbre détective : Morsech est à la hauteur de Moriarty : vicieux, prêt à toutes les horreurs et complètement névrosé. Amhiel, la domestique de Watson et Holmes est devenue une jeune femme intrépide, avide d’aventures. J’ai également particulièrement aimé Torn, le roi charismatique de Mortelune qui semble empli de sagesse. Mais mon préféré reste sans nul doute, le Fou. Cet homme bizarre qui montre un attachement particulier pour le roi mais aussi pour Listak et Evrhal. C’est peut être en repensant à son homonyme de l’assassin royal que j’ai donné une place à part pour ce personnage.

Mon amie Maêlle m’avait conseillé ce livre depuis longtemps déjà (sa chronique ici), pourtant ce n’est que récemment que je me suis plongée dans cet univers, et ce fut pour mon plus grand bonheur. Le seul petit bémol que j’ai relevé est le manque d’une carte pour se retrouver dans toute ce monde magique. J’ai eu un peu de mal à visualiser l’ensemble des espaces et donc de leur influence les uns sur les autres.

Pour le premier roman de cet auteure c’est donc un véritable succès. Elle a su créer un monde aux multiples facettes. Chaque élément est mis bout à bout, pour mettre en place un royaume dans toute sa complexité.  Et chose non moins remarquable, elle a su manier les personnages de Sherlock Holmes et Watson avec beaucoup de finesses. En somme, ne laissez pas trainer ce roman dans votre PAL, il ne vous reste qu’à y succomber.

Linetje

Fiche technique : Les lunes de sang d’Anaïs Cros ;ed. Lokomodo (2011); ISBN : 978-2-35900-025-2 ; 606 pages ; 9,90€

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  1. Depuis le temps que j’attendais que tu le lises pour me dire ce que tu en pensais !! 😉 Je suis ravie que tu aies aimé !
    Tu verras que la suite est sympa mais j’ai trouvé qu’elle prenait une tournure un peu étrange dans le dernier tome que j’ai lu (le troisième). Je lirai quand même le tome 4 et te laisserai à disposition toute la série 🙂

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    • C’est sur que ca faisait un moment qu’il était dans ma PAL (au milieu de tout un tas d’autres livres à toi d’ailleurs….). Mais il valait vraiment le coup. Je viendrai te prendre les autres et je te dirai ce que j’en ai pensé, off course !

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