Morwenna de Jo Walton

morwenna-jo-waltonIl y a dans chaque livre une forme de magie qui nous amène à découvrir un monde, à vivre une autre vie. Il y a une forme de refuge dans chacun d’eux, où nous rencontrons de nouveaux personnages qui tantôt nous émeuvent, tantôt nous agacent mais jamais ne nous laissent indifférents.

C’est cette amour de la littérature et particulièrement de la sciences fiction-fantasy que Jo Walton nous transmets à travers son roman Morwenna.

Elle nous conte l’histoire de cette jeune adolescente qui a perdu sa sœur jumelle, Morgana, dans un accident de voiture, et qui l’a laisse handicapée. Habituée à ses  collines du Pays de Galles, elle doit fuir la maison de sa mère. Elle est recueillie par son père, Daniel, et ses trois demi-sœurs, dans une Angleterre qu’elle ne connaît pas, dans un pensionnat que ses tantes ont choisis pour elle. Différente, solitaire, l’enfant vit dans ses livres, se créant un monde où les lieux prennent les noms d’univers de fantasy et ou les fées façonnent son quotidien. Loin de sa sœur, sa moitié, elle devra réapprendre à vivre, et se réfugiera dans le seul endroit où elle se sent vraiment bien, les livres. Tolkien, Zelazny, Le Guin, Delany, ils sont nombreux, ces classiques de la littérature imaginaire, à être cités par l’auteur.

« On peut toujours trouver un enchaînement de coïncidences pour réfuter la magie ».

La narration est assez singulière puisque le roman est écrit a la façon d’un journal intime. Pas de longues descriptions grandiloquentes nous racontant la vie de nos héros. C’est un style simple, un peu hachuré par lequel nous plongeons dans les pensées d’une jeune fille de 15 ans, à la fin des années 70. Elle nous donne son regard sur le monde, sa vision de l’absurdité humaine mais surtout son univers éthérée. Jour après jour, elle nous raconte son quotidien dans le pensionnat d’Arlinghut où les filles sont suffisantes et arrogantes. Mais surtout, à chaque page, elle commente ses innombrables lectures, transposant la vie de ses personnages à son quotidien.

J’ai au départ était un peu décontenancée de cette liste à la Prévert des infinis romans lus par le personnage. Cela a, à mon goût, un peu desservit l’histoire de fond, même si j’admets volontiers que cela permet de donner un relief à le fuite du personnage dans ses histoires. Mais peu à peu, Morwenna s’ouvre un peu plus à son univers, à d’autres rencontres et notamment en intégrant un club de lecture de science fiction-fantasy. Et nous nous installons avec elle dans cette routine hebdomadaire, entre les réunions du mardi soir, et son temps libre du samedi. Et c’est presque avec la même impatience qu’elle que nous souhaitons retrouver le club de lecture, pour partager son quotidien.

Il y a quelque chose d’attendrissant à partager les sentiments de cette enfant, à l’écouter mettre des mots sur ce qu’est sa vie, ses craintes et ses refuges. Nous la suivons sur ce chemin qui l’a fait passer de l’enfance à l’age adulte pendant lequel elle nous évoque avec pudeur ses premiers émois, ces premières interrogations sur le sentiment amoureux.

Mais Morwenna partage aussi son plus grand secret, cette perception de la magie qui lui est propre. Elle qui a grandit avec les fées du Pays de Galles, elle connait tout de leurs habitudes, de leurs caractéristiques. Elle nous les décrit, nous révèle leur pouvoir. Et puis il y a sa mère. Cette folle qui use de la magie pour faire le mal. Elle nous en parle à demi mot, comme si elle ne souhaitait pas vraiment aborder le sujet. Ainsi, si la quatrième de couverture nous évoque la lutte de Morwenna contre sa mère, on est finalement loin de cela dans le roman. On tarde à avoir une explication sur ces photos brulées qu’elle reçoit ou sur les pouvoirs maléfiques qu’elle attribue à sa mère. Ce n’est pas à mon sens le cœur du roman. C’est ce manque qui m’a taraudé puisque j’aime avoir une explication des choses. Or j’ai trouvé que l’auteur ne nous apporté pas véritablement de réponses sur tout cet aspect de la vie de Morwenna.

Et pourtant, malgré ces défauts, j’ai été charmée par ce roman, par cette jeune fille dans cette ambiance très particulière propre aux écoles anglaises. Je me suis laissée emporter dans son univers où j’ai vécu avec elle le temps de 400 pages. C’est un roman touchant et tendre malgré ses défauts arrive a nous envoûter.

 LineTje

Fiche technique : Morwenna de Jo Walton, ed. Denoël, Collection Lune d’encre, 2014, ISBN: 978-2207116548, 334 pages, 21,50€

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  1. C’est un roman qui charme le lecteur en effet. Je le relirai très certainement un jour.

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      • Lintje
      • 11 mai 2015

      Oui il est très doux. Et en plus il se lit tres vite.

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  2. j’ai beaucoup aimé ce roman 🙂

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      • Lintje
      • 25 mai 2015

      Oui ça a été une belle découverte pour moi aussi…

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