L’assassin Royal de Robin Hobb

Après un mois et demi de lecture assidue et les commentaires de la quasi totalité des Singes de l’espace, je suis enfin parvenue à bout des six premiers tomes de L’Assassin Royal. Grand roman de la littérature de fantasy qui les avait profondément marqué, Gaëtan, Maëlle et Ludo n’ont pas manquaient de suivre chacune de mes avancées. C’est donc après avoir subit quelques spoilers (je ne vous remercie pas !) que j’éprouve moi aussi le besoin de vous faire partager cette belle découverte (en me gardant bien de vous révéler toute l’intrigue bien entendu !).

C’est à l’âge de six ans, que le jeune garçon, dépourvu de prénom, fut ramené par son grand père à la Caserne de Oeil-de-Lune pour être redonné à son père le roi servant Chevalerie.

« – Ca fait six ans que je le nourris à ma table et aucune nouvelle de son père, jamais une pièce d’argent, jamais une visite, alors que d’après ma fille il sait parfaitement qu’il lui a fait un bâtard. »

Bâtard, voila ce qu’est notre héros. Il sera donc dénommé « Fitz », le bâtard, dans la langue de l’auteur.

Le jeune garçon est donc amené à Castelcerf auprès de son grand père, le roi Subtil de la lignée des Loinvoyant, et de ses oncles, Vérité et Royal. Autant le préciser tout de suite, dans le royaume des Six-duchés, il est de tradition de donner à ses enfants un prénom correspondant à un caractère afin qu’il hérite de ce trait caractéristique. Et la famille royale est la première à appliquer cette longue tradition.Nous irons donc à la rencontre de Chevalerie, de Patience de Pressée ou encore de Célérité.

En arrivant au château, le jeune Fitz sera confié à la garde de Burich, homme lige de Chevalerie et maître des écuries de Castelcerf. L’histoire est racontée à la première personne du singulier et nous découvrons au travers des yeux d’un enfant la vie de Castelcerf se déployer pour notre plus grand plaisir.. En filigramme, nous comprenons les intrigues de la cour, les jeux de pouvoirs qui peuvent se mettre en place et les conséquences de la découverte d’un bâtard du prince régent. L’enfant pleure de ne pas connaître son père pendant que tout le royaume se morfonds du renoncement de Chevalerie pour le trône des Six-Duchés.

Mais le premier tome est aussi l’occasion de suivre l’apprentissage de celui qui deviendra l’assassin royal. C’est pour acquérir sa loyauté et afin qu’il n’ai pas de vue sur le trône, que le roi Subtil décidera de faire de son petit fils un instrument au service de la lignée des Loinvoyant. Sous la houlette du mystérieux Umbre, l’enfant apprendra ainsi à manier les plantes et à jouer l’illusion dés son plus jeune âge.

Avec une rapidité déconcertante, le premier tome met en place les personnages et nous fait découvrir ce monde avec un grand talent.

Le rythme des tomes suivant ralentit grandement pour nous faire découvrir petit à petit la situation du royaume. Les villages côtiers se font attaquer par les pirates rouges. De longs bateaux à la coque rouge viennent, détruisent tout sur leur passage et enlèvent leurs habitants. Ceux ci reviendront « forgisés », du nom de la première ville ayant subit cet assaut : des hommes dénués de tout sentiments qui erreront dans la ville à la recherche de nourriture et de chaleur. Quel triste sort pour un peuple que de devoir lutter contre des hommes et des femmes qui furent leur père, leur sœur ou leur cousin. Le roi-servant Vérité tente de mettre fin à ses agissements, mais pour un royaume qui n’a pas connu la guerre depuis des générations, il est bien difficile de mobiliser hommes et machines de guerre en un hiver.

Nous découvrons alors plus précisément ce qu’est cette magie, « l’art » par laquelle les initiés peuvent communiquer et manier les pensées des personnes qui y sont sensibles. Nous comprenons aussi ce qu’est le Vif, la magie des bêtes : les personnes dotées de ce pouvoir pourront communiquer avec un animal qu’ils se seront choisis comme compagnon.

J’en arrête là dans ma description de ces premiers tomes et vous laisse découvrir ce monde avec toutes les surprises qu’il recèle. Juste pour vous dire que le troisième tome marque un tournant, une étape décisive dans la vie de Fitz.



On disait Robin Hobb talentueuse, son œuvre un grand classique de la littérature française à la hauteur du Seigneur des Anneaux… et on avait raison. Certes je n’ai jamais lu la célèbre trilogie de Tolkien mais peu importe, sa réputation fera foi. Le monde créé par Robin Hobb est fascinant, envoûtant. On se laisse porter par les aventures de Fitz. Jeune homme courageux souvent immature voire un peu idiot. Mais inexorablement on s’y attache, on en vient à espérer qu’il ne commette pas cette inconscience qu’il se promet de faire. On dévore les lignes avec avidité pour connaître le déroulement de l’histoire. J’ai été fascinée de constater que parfois j’en arrivais à me perdre dans ma lecture alors même qu’il ne se passait… rien. Étant obligée de faire un compte rendu aux singes à chaque avancées de mes lectures je me surprenais souvent à répondre « là, Fitz est à Castelcerf… c’est tout… »

Robin Hobb avance à petit pas pour nous permettre d’apprendre à connaître ce monde et ces personnages. Mais ne vous y trompez pas, à aucun moment l’ennui ne vient nous submerger. On se promène dans les rues pavés de Castelcerf, et c’est tout naturellement qu’on en vient à s’attacher à Vérité, qu’on se met à haïr Royal ou que l’on se prend d’affection pour Subtil.

Et au milieu de tout ça, on craint pour Fitz, on pestifère contre sa bêtise et on supplie qu’il s’en tire sans trop de dommage. Et finalement c’est avec une certaine douceur qu’on suivra le bâtard qui deviendra homme lige du roi pour finir Catalyseur d’un monde…

Cette première série s’arrête à la fin du sixième tome, mais fasse au succès de son œuvre, Robin Hobb a continué les aventures de Fitz dans sept nouveaux tomes. Entre temps, elle est à l’origine de la série Les Aventuriers de la Mer qui s’inscrit dans le même monde que L’assassin Royal.  Mais ces lectures seront pour une prochaine fois.

Lintje

Fiches techniques :

L’apprenti assassin : J’AI LU, coll. Fantasy (2001 – 2007) n° 5632, décembre 2005 512 pages, catégorie / prix : M, ISBN : 2-290-35262-4

L’assassin du roi : J’AI LU, coll. Fantasy (2001 – 2007) n° 6036, février 2004 416 pages, catégorie / prix : M, ISBN : 2-290-31323-8

La nef du crépuscule : J’AI LU, coll. Fantasy (2001 – 2007) n° 6117, janvier 2006 416 pages, catégorie / prix : M, ISBN : 2-290-31629-6

Le poison de la Vengeance : J’AI LU, coll. Fantasy (2001 – 2007) n° 6268, février 2007 352 pages, catégorie / prix : M, ISBN : 978-2-290-31845-4

La voie magique : J’AI LU, coll. Fantasy (2001 – 2007) n° 6363, juillet 2007 384 pages, catégorie / prix : 7,60 €, ISBN : 978-2-290-32021-1

La reine solitaire : J’AI LU, coll. Fantasy (2007 – ) n° 6489, janvier 2008 384 pages, catégorie / prix : 7,60 €, ISBN : 978-2-290-32552-0

Publicités
  1. Pas mieux. Je suis un vrai fan de la manière dont Hobb crée des personnages très attachants.

    J'aime

  2. Je plussoie.

    J'aime

  3. J’ai adoré cette extrait : J’ai été fascinée de constater que parfois j’en arrivais à me perdre dans ma lecture alors même qu’il ne se passait… rien. Étant obligée de faire un compte rendu aux singes à chaque avancées de mes lectures je me surprenais souvent à répondre “là, Fitz est à Castelcerf… c’est tout…”
    Parce c’est totalement vrai ^^

    je conseille à tout le monde cette merveilleuse histoire que vous ne pouvez que Juste adoré.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :