Le dernier rayon du soleil de Guy Gavriel Kay

Un bateau à tête de dragon se dresse le long de la cote, prêt à amarrer. L’équipage est à son poste il ne me reste plus qu’à monter à bord. Et me voila partit pour un peu plus d’une semaine. A la barre, le majestueux capitaine Guy Gavriel Kay. Je le connais bien. Avec lui je sais que le début sera difficile, il faudra s’adapter à son mode de navigation, mais je sais que je reviendrais avec des souvenirs inoubliables. Le bateau s’ébranle. Je pars en voyage,  là où se couche Le dernier rayon du soleil.

Dans ce dernier roman paru en France, Guy Gavriel nous emmène à la rencontre des peuples du nord. A l’image de ses précédents livres, l’auteur signe une nouvelle fois un roman de fantasy-historique s’inspirant cette fois ci des peuples nordiques du moyen-âge : les Erlings (représentants les vikings), les Anglcyns (pour les Anglo-saxons) et les Cyngaëls (pour les Celtes-Gallois). Entre raids téméraires, soif de vengeance et recherche de gloire ces peuples s’affronteront dans une fresque envoûtante où chaque destinée peut impacter le cours des événements.

Comme à son habitude, GGK nous raconte la vie de ces peuples à travers les yeux de divers personnages : Bern, l’Erling, Alun le Cyngaël ou encore Athelbert l’Anglcyns. Chacun nous apporte sa vision du monde sa perception de ce qu’il doit être. Pour les Erlings, il leur faudra prouver leur bravoure au combat afin de rejoindre les salles du dieu Ingavin. Les Cyngaëls eux préfèrent respecter la règle des trois pour connaitre leur destinée. Chez les Anglcyns, le roi Aeldred (digne représentation du roi anglais Alfred Le Grand) veut mettre un terme aux querelles incessantes tout en apportant une éducation à son peuple.

En définitive, GGK nous présente des cultures. Sans jugement de valeur, il nous livre la vie rude de ces peuples avec leurs coutumes et leurs attentes. Pour autant pas de grandes scènes de batailles, ce n’est pas le genre de l’auteur. C’est à travers les yeux des personnages, leurs sentiments, leurs appréhensions que nous vivons cette épopée. J’ai cependant trouvé le roman moins fort que les précédents. Il n’y a pas cet envoûtement que j’ai ressenti en lisant La Mosaique de Sarance ou Les lions d’Al Rassan. Les personnages sont moins développés ? Le monde moins exotique ? Je ne saurai dire… Cependant je ne parlerai pas de déceptions pour autant. Je trouve que la critique du site elbakin.net a très bien illustré ma pensée par cette phrase : « Tout bien considéré, il serait très exagéré de considérer ce roman comme un coup d’épée dans l’eau […] Depuis Tigane les romans de Kay ont pris l’habitude d’être coulés dans un moule de qualité, et celui ne présente que de mineures fêlures. »

C’est aussi avec une certaine nostalgie que Guy Gavriel Kay nous distille quelques éléments qui nous ramènerons à ses précédents ouvrages. L’histoire se déroule dans le même monde que La mosaïque de Sarance et Les lions d’al Rassan. Des références sont ainsi faites à Rustem, le médecin de La mosaïque de Sarance ou encore les mosaïques représentant Valérius III.

A l’inverse de ces précédents romans où la fantasy avait quasiment disparu, GGK renoue avec les croyances nordiques en mettant en scène le peuple des fées et divers esprits. Plus une excuse qu’un élément réellement indispensable cette présence du peuple de l’entre deux monde ne prendra jamais le dessus sur la toile psychologique des personnages qu’il tisse avec tout son talent.

En définitive, Le dernier rayon du soleil est l’œuvre d’un grand auteur qui nous a montré quelques faiblesse sans que l’on puisse remettre son talent en cause.

Lintje

Cet article est publié dans le cadre du Challenge Guy Gavriel Kay proposé par Merkillia :

Fiche technique : Le Pré aux Clercs, coll. Fantasy n° (16), avril 2006 , 492 pages, catégorie / prix : 21 €, ISBN : 2-84228-242-6

CITRIQ

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  1. J’ai eu l’occasion de le lire il y a quelques temps (le seul GGK que j’ai lu avant toi, ça mérite d’être souligné !!! 🙂 ) et j’en garde un très bon souvenir toutefois moins intense que les autres qui ont suivi. Je te rejoins donc sur le plaisir de la lecture mais le manque d’intensité.

    Pour ma part, je l’ai lu peu de temps après La Trilogie de Fionavar qui m’a profondément marqué, et je crains qu’elle ne l’ait un peu estompé car j’ai du mal à m’en souvenir… Peut-être le relirai-je un jour mais il y a tellement d’autres livres inconnus à lire…

    A bientôt pour un autre GGK 🙂

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      • Lintje
      • 3 octobre 2011

      Et oui tu m’as prise de court sur ce coup là! Mais la tapisserie de Fionavar est effectivement beaucoup plus prenante que le dernier Rayon du soleil. Et comme tu dis il y a tellement d’autres livres…Pour avoir encore des souvenirs des Lions d’Al Rassan dans la tête je pense que le dernier rayon du soleil me marquera moins. Mais ca reste une bonne lecture et du GGK !
      Le prochain pour moi sera Ysabel…

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      • C’est le dernier, c’est ça ?
        Pour ma part, je poursuis les Lion d’Al Rassan avec plaisir, après avoir dévoré du Robin Hobb avec les aventures de Fitz que tu es en train de commencer (là pour le coup, c’est moi qui t’ai poussé à t’y mettre !) et que je compte bien poursuivre après ce petit interlude GGK…

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          • Lintje
          • 3 octobre 2011

          Ysael est le dernier traduit en français mais non paru en France.
          Je te souhaite d’aimer autant que j’ai aimé les Lions d’Al Rassan ! En échange de GGK tu m’as fait découvrir Robin Hobb, c’est un bon deal je trouve car j’accroche bien à l’histoire ! Je pense que je vais beaucoup aimé également mais Ludo m’a dit « impossible de ne pas aimer du Robin Hobb!  » alors…
          En tout cas bonne lecture et bon voyage dans l’Espagne de la domination maure

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  2. Je suis d’accord avec toi, ce n’est pas le meilleur GGK. Pour ma part, je l’ai lu il y a quelques années et j’étais donc plutôt jeune et je dois avouer que j’ai trouvé cette lecture un peu ardue. J’ai l’impression de ne pas avoir saisi toute la portée un peu philosophique de l’histoire.

    Bonne lecture avec Ysabel, j’ai hâte de voir ton avis. Je n’ai pas vraiment cherché de billets à son sujet, mais le seul retour que j’ai eu disait qu’il était médiocre. Cela venant de quelqu’un ayant déjà lu d’autres GGK, ça m’inquiète un peu. =S Mais bon, on verra bien, j’espère quand même qu’il te plaira!

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      • Lintje
      • 3 octobre 2011

      Je trouve la portée philosophique beaucoup moins présente que dans ces autres romans justement. Ce n’est pas le livre de GGK que je conseillerai pour une première découverte de l’auteur en tout cas…
      Pour Ysabel j’ai vu très peu de billets dessus. J’ai juste lu que ca changé beaucoup de ses anciens romans vu qu’il se situé à notre époque et non pas à une époque médiévale. J’espère qu’il n’est pas si médiocre que ce que tu as entendu… ca ne va pas du tout ca ! GGK ne nous a pas habitué à la médiocrité ! 😉
      C’est mon dernier GGK donc je vais le garder un peu en réserve mais j’en ferais un article dés la fin de ma lecture.

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  3. Tout à fait, ce n’est certainement pas le bon roman pour faire une première découverte de l’auteur.

    Je croise les doigts pour qu’Ysabel soit à la hauteur des autres romans de GGK!

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