Superman : Red Son… enfin un superman antiaméricain !

Marre de voir toujours les super héros gentils ? Marre de les voir défendre l’idéal américain comme seul mode de vie valable ? Marre de ne pas y croire ? Alors Superman : Red Son est peut-être fait pour vous !

Franck Millar, Dave Johnson et Killian Plunkett y imaginent que le dernier survivant de Krypton n’a pas atterri près d’une ferme au Kansas mais à proximité d’un Kolkhoz en Ukraine. À partir de là, les auteurs s’amusent à prévoir la vie de ce superman chantre de l’idéal communiste.

Dès le départ, on reconnait ainsi la similitude entre les deux Superman, l’américain et le soviétique. Les deux pensent lutter pour le « bien », les deux désirent faire le bien et dans tous les cas leur force, leur puissance et leurs pouvoirs lui permettent de dominer qui ils veulent.

Le récit joue sur plusieurs niveaux. Tout d’abord bien sûr comme un clin d’œil envers l’autre Superman, celui où il rencontre Lois Lane et devient un symbole américain, mais aussi à l’égard des autres comics. On croise ainsi d’autres super-héros : de Wonder Woman à Batman (mélange du Batman de Frank Miller et de V d’Alan Moore), en passant par toutes une liste de monstre ou de scènes tirés des plus célèbres comics (que je ne connais pas tous, comme par exemple  les créatures sorties de l’imagination de Lex Lutor faisant penser aux divers « méchants » de la culture américaine).

Mais cette histoire reste plus qu’un jeu consistant à détourner l’image de Superman. La BD se présente en réalité comme une sorte de journal intime du super héros. Son compte-rendu de l’histoire du XX° siècle. Il sera au départ un simple emblème du communiste, avant de devenir à la mort de Staline (qu’il côtoie) le dirigeant du régime. Ainsi, le récit prend une autre dimension, celui de critique du totalitarisme et du dirigisme d’un côté et du fanatisme de Superman de l’autre. Dans sa volonté de bien faire Kal-El limitera la liberté d’expression comme peau de chagrin et intégrera totalement l’idée qu’être contre l’idéal communiste revient à être fou, donc à devoir être soigné (Superman: le Big Brother Ultime !). Moins directs, mais tout aussi visibles, les auteurs s’en prennent à l’Amérique et à sa volonté hégémonique. Pour elle, le communiste demeure la source du mal et rien, pas même la transformation de tous les autres pays en États socialistes ne peut leur faire changer d’avis. L’Amérique est et restera capitaliste quitte à détruire les créations de Superman.

Ces différents aspects du récit sont tous très réussis et prenants. L’histoire est étonnamment cohérente et bien faite. En effet, la « conversion »  de Superman au communisme passe tout seul et devient même logique selon son origine. De plus, son fanatisme est mis au premier plan pour critiquer, mais était pourtant visible chez son alter ego américain. Et enfin, cerise sur le gâteau : des dessins fort agréables dans leur réalisme et leur non-exagération.

Pour toutes ces raisons, Superman : Red Son constitue une vraie réussite. Une réussite dans la transposition d’un super héros vers un autre monde et une réussite dans la portée de ce changement. Superman est et restera un fanatique sûr de lui. Un homme déterminé et pourtant sympathique du fait de sa volonté de bien faire et son innocence : il n’est que ce que la société à créé. Mark Millar, Dave Johnson et Killian Plunkett l’ont très bien prouvé ici.

Fiche technique :

Scénariste : Mark Millar ; Dessinateur : Dave Johnson & Killian Plunkett ; ed. Panini Comics ; coll : DC Heros ; Prix : 22€

(plus d’info ici)

CITRIQ

8 réflexions sur “Superman : Red Son… enfin un superman antiaméricain !

  1. Pingback: Superman: New Krypton, Vol. 3 | Neon Signs For Sale

  2. Si tu aimes les comics assez critique (dans le genre Watchmen) je te le conseille. C’est intelligent, plein de références et très réussi. Le seul défaut en fait est la longueur : 168 pages pour brasser autant de thèmes ça va vite.

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  3. Je n’ai même pas pensé à le mettre que c’était une uchronie et pourtant c’est bien le cas. En fait si Kal-El est tombé en Uchraine, c’est simplement parce que son vaisseau est arrivé 12h avant celui de « l’histoire officielle ».

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  4. Pingback: Superman : Red Son « Le Dino Bleu

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